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RENAÎTRE À SOI PAR L’AUTRE
 OU LE TRAVAIL AU PLUS PRÈS DU RÉEL

Par Salim MOKADDEM 
Conseiller Spécial du Président de la République du Niger, responsable de la Cellule Éducation de la Présidence.



L’an 2 de la Présidence BAZOUM à plus d’un titre est un moment qualitatif très important pour apprécier la politique générale du Chef de l’État et pour faire le bilan du travail annon- cé dans la déclaration de politique générale du Président. Salim MOKADDEM, Conseiller Spécial du Président de la République du Niger, Responsable de la Cellule Éducation à la Présidence apporte un éclairage sur l’efficience, la résilience et la vision prometteuse d’un secteur stratégique au cœur des priorités du premier quinquennat qui vient de boucler ses 2 années. Éclairage



Satisfecit du bilan AN 2

En effet, et cela a été bien décrit par les acteurs gouvernementaux et les membres de l’exécutif : dans les secteurs industriels, énergétiques, infrastructurels, économiques et financiers, médicaux, dans ceux de la justice, de la santé, de l’éducation, de la sécurité et de la défense, de la culture, de la jeunesse, des sports, le bilan s’avère positif et quantitativement satisfaisant en termes de mesures de progrès, de développement et de croissance.

La Renaissance acte 3 tient ses promesses et le cap est bien maintenu sur l’inclusion du Niger dans le concert régional, sous-régional et international des Nations et des économies. On peut donc dire que le Niger a amorcé de façon performative son entrée dans la mondialisation et les différents indicateurs techniques de type quantitatif le démontrent assez. Cependant, si l’on ne veut pas tomber dans l’illusion formelle de la performance illibérale, il ne suffit pas de faire une économétrie du progrès social par l’action politique et de mesurer l’essor du Niger par les indicateurs classiques de l’économie occidentale (IDH, PIB, indices de développement sectoriel, et autres rapports de comptabilité visant à rassurer les bailleurs et à divertir le regard du réel vers l’imaginaire spéculatif) pour mesurer, de façon quantitative, et quelque peu formel, le développement socio-économique du Niger. Les fétichismes de la marchandise, dans certains mi- lieux politiques et financiers, sont souvent portés par les

fétiches du Nombre. Il n’en reste pas moins que le bilan d’étape est fortement encourageant et encouragé par les partenaires techniques et financiers et que la poli- tique gouvernementale de la Renaissance III se traduit par des indicateurs positifs et des avancées significatives dans les champs sociopolitique et économiques qu’elle s’est engagée à faire progresser selon les impératifs de croissance inclusive et d’amélioration du bien-être des populations du Niger.

Les différentes directions générales et techniques des ministères ont fait admirable- ment et de manière brillante l’apologie, et même l’apologétique de ces travaux herculéens menés par la Présidence Bazoum. En effet, dans tous les champs techniques, les actions ont été recensées dans des rapports référencés et quantitativement établis afin de faire le point entre les investissements budgétaires gouvernementaux et les réalisations concrètes faites sur «le terrain».

Sur le plan éducatif, par exemple, les indicateurs et les mesures statistiques de taux de scolarisation, de maintien dans le cycle et le niveau scolaire, de taux de réalisation des bâtis scolaires, ont été très justement et précisément communiqués au grand public, aux institutions étatiques, aux partenaires techniques et financiers pour des fins de transparence budgétaire, de bilan d’étapes, de contrôles par les plus hautes autorités de l’État, et aussi pour des fins panégyriques, de plaidoyers, de requêtes potentielles et de défense et illustration de la politique du Président.


Les statistiques de l’éducation nationale, publiées par le Secrétariat Général du Ministère de l’Éducation nationale, et, tout particulièrement, par la Direction des Statistiques et de la Promotion de l’Informatique, aidée par l’Unesco, l’Unicef, l’Union européenne et la Banque Mondiale, montrent de façon très détaillée les remarquables avancées dans le secteur éducatif des enseignements préscolaire, primaire et secondaire (premier et second cycles) dans un document synthétique auquel je renvoie le lecteur (Statistiques de l’Éducation nationale. Annuaire de poche 2021-2022, édition 2022, DSPI/MEN).

De plus, les partenaires techniques et financiers ont salué les belles performances du système éducatif nigérien depuis la gouvernance BAZOUM et il est important de souligner l’entière mobilisation et consensus des forces civiles et politiques dans ce secteur crucial pour le développement du Niger.



Contrat de performance
 et plaidoyer d’appui auprès des bailleurs


Donnons quelques indicateurs statistiques pour poser le cadre et présenter la dynamique mise en place par cette nouvelle politique éducative nigérienne : le taux de réussite au brevet des collèges est passé de 20,51% en 2021, à 27,18% en 2022 et celui du baccalauréat, qui était de 22,75% en 2021, est passé à 28, 95% en 2022 ; un enfant sur deux est scolarisé dans le primaire, malgré l’insécurité aux frontières et dans les zones marquées par le terrorisme qui se résorbe du fait de la politique efficace et pragmatique du Président Bazoum; les 30 000 écoles dites «paillotes» seront toutes remplacées en 2028 (à raison de 6 000 par an sur des budgets nationaux et internationaux garantis) par des bâtis scolaires sécurisés et sains en termes d’hygiène et de mises aux normes pour des apprentissages et des enseignements de qualité (items de climat scolaire favorisant la réussite éducative de tous les élèves scolarisés); financements acquis lors du Side Event sur Transforming Education à New york (ONU, septembre 2022) de 100 internats de jeunes filles par la BADEA (50 sont en phase de construction actuellement).

‘’ Le budget de L’éducation du Niger a augmenté de 33% par rapport à 2022 et les bailleurs souverains (Banque Mondiale, UE, UNESCO, etc.) soutiennent les plaidoyers et les appuis financiers dans le secteur de l’éducation’’

Le budget de l’éducation du Niger a augmenté de 33% par rapport à 2022 et les bailleurs souverains (Banque Mondiale, UE, Unesco, etc.) soutiennent les plaidoyers et les appuis financiers dans le secteur de l’éducation.

Il ne s’agit pas de minimiser les difficultés réelles que rencontrent les acteurs du secteur éducatif dont se rendent bien compte la cellule éducation de la Présidence du Niger et les Ministères concernés. Car le pays est vaste, l’insécurité persiste, le choc hydrique et climatique est réel, et, surtout, le milieu rural est pauvre et loin des «ruissellements» des politiques de développement. De plus, les curricula sont inchoatifs, la carte scolaire difficile à mettre en œuvre du fait des caractéristiques géographiques et humaines des zones concernées, principalement en milieu rural et semi-désertique, et le monde vit une crise sans précédent qui impacte l’Afrique de l’Ouest et le Niger en particulier du fait des conflits d’Empire entre les puissants de ce monde. Le Niger est une fleur des champs sur le terrain de bataille des géants de ce monde ; et la pâquerette a toujours tort sous la botte des armées en mouvement. C’est pour cela qu’il est urgent de revenir à des fondamentaux en matière de politique éducative, notamment, mettre en place une politique de conscientisation culturelle afin de solliciter les jeunes à prendre très au sérieux la question de la formation (générale, technique et professionnelle) continue et permanente pour qu’ils prennent conscience que l’éducation est une force réelle et effective d’autonomisation et de souveraineté pour le Niger.

‘’La politique éducative du président de la République du Niger passe par des projets très concrets et surtout par des réalisations matérielles et des mises en pratiques socio-économiques améliorant le quotidien des nigériens”

La politique éducative du Président de la République du Niger passe par des projets très concrets et surtout par des réalisations matérielles et des mises en pratiques socio-économiques améliorant le quotidien des Nigériens et permettant déjà de constater un saut qualitatif certain : ainsi, j’insiste de façon non rhétorique sur la remarquable avancée sur les plans de la construction des bâtis scolaires, de la résorption définitive des paillotes insécures, de la formation technique des ressources humaines, du changement efficient des curricula, du recrutement rigoureux des enseignant-e- s dans tous les cycles et les niveaux de l’éducation nationale, des réalisations d’internats de jeunes filles, de l’introduction progressive de la numérisation des techniques pédagogiques, du recours aux sciences didactiques rénovées afin d’améliorer les pratiques d’enseignement (et d’apprentissage), de l’institutionnalisation d’une école inclusive dans tous les secteurs de son processus et de son établissement territorial. Il faut évidemment ne pas négliger ces points cruciaux concernant les problèmes rencontrés par les acteurs du champ éducatif : la forte natalité nigérienne, la multiplication coefficientée des élèves, les taux bruts de scolarisa- tion encore insuffisants, les innovations pédagogiques à poursuivre, l’illettrisme rémanent des familles, les inégalités entre la sur la répartition des richesses entre les villes et les campagnes, l’analphabétisme encore trop important des populations rurales, les chocs climatiques non pris en compte par les auteurs de l’anthropocène, les vastes étendues géographiques du territoire nigérien, la dette structurelle et toxique de l’État, l’insécurité multiforme aux frontières, les incertitudes mondiales liées au mouvement des valeurs fiduciaires et des économies mondes fragilisées par les nouvelles configurations des circuits des chaînes de valeurs des produits et des matières premières, tout cela impacte sur la volonté politique éducative du Niger et sur les actions faites par les ministères concernés. Le Président Bazoum est très conscient de cela ; il a engagé avec ses équipes techniques et politiques des réformes sur la formation des enseignants, les recrutements des pro- fesseurs, la sécurisation des examens et des concours, le niveau des formateurs et la qualité des encadreurs. Il sait qu’il est plus qu’important et urgent de faire de l’éducation le moteur essentiel de la croissance et de la construction du Niger. Le Président Mohamed Bazoum le sait en tant qu’enseignant, philosophe, et habile politique et observateur des items de progressions et de croissances dans le monde : les USA, la Chine, l’Inde, l’UE, sont des grandes puissances parce qu’elles ont développé des politiques éducatives et de formation puissantes, continues et intenses pendant une période significative et elles n’ont jamais au grand jamais négligé la budgétisation de la recherche et du développement. L’éducation est le pivot de tout développement et elle a des effets pan-sectoriels incontestables : sur la production des valeurs, la consommation des produits, l’innovation technologique, le bien- être et le bien-vivre social, la santé, le confort matériel, l’organisation sociétale, l’efficacité de l’administration, le niveau éthique des citoyens et le climat des affaires. Ces indices peuvent paraître immatériels et abstraits mais ils sont très concrets et visibles dans l’amélioration du niveau de vie et le quotidien des populations. L’agriculture, la gestion des stocks hydriques, par exemple, requiert un type de rationalité tout à fait technique et conceptuel qui ne peut être imaginé, et encore moins produit, par un bricolage permanent et empirique des ressources et des savoir-faire locaux, fussent-ils pragmatiques et menant à l’autosuffisance alimentaire.


Le pari titanesque de renforcer le capital humain

Le saut qualitatif est nécessaire si l’on veut passer d’un État pauvre et endetté à une organisation politico-administrative menant à l’essor et à la croissance mesurée selon des aunes et des indicateurs plus en prises sur les réalités sociologiques et démographiques du Niger. On peut toujours se payer de mots et faire des plans sur la comète : tous les pays du monde doivent passer par la phase éducative et lutte contre l’illettrisme et l’analphabétisme pour devenir des États-Nations modernes et amorcer des économies solidaires, développées et inclusives. La politique éducative du Niger est portée par au moins trois ministères centraux (éducation nationale, enseignement supérieur et de la recherche, formation professionnelle et technique) ; à côté de cela, des acteurs internationaux (coopération et développement multilatéraux et bilatéraux) agissent de façon probante et efficace en matière de soutien budgétaire et technique suite aux différents plaidoyers du Niger (PDES, Paris, 2022 ; Side events à l’ONU, New- York, 2022, entre autres), non moins que des pays amis qui ont bien compris l’intérêt d’investir au Niger dans le capital humain et la ressource éducative. Les plus-values des structures éducatives ne sont pas simplement des investissements d’avenir pour les entreprises et les secteurs en voie d’industrialisation au Niger (secteur agro industriel et minier, énergétique et pétrolier), mais elles impactent de façon extrêmement significative les existences dans tous les moments de la vie quotidienne (déplacement, restauration, habitat, santé, nutrition, protection sanitaire, urbanisation, etc.) et elles concernent de manière directe toutes les couches sociales. L’éducation, dans ses visées démocratiques et républicaines, produit des améliorations de com- portements citoyens et des habitus, des façons de faire, d’agir, de consommer, de produire, de vivre qui développent directement et indirectement le niveau de vie de la société nigérienne. Ainsi, l’éducation percole dans tous les secteurs de la vie : elle est invisibilisée car les acteurs nationaux et extranationaux ont trop coutume de l’identifier dans la chose scolaire réduite à la réalité académique et la doxa a coutume de réduire les apprentissages aux valences académiques, à la scolastique des compétences acquises par les évaluations sommatives et certificatives. Mais, l’impact et la nature du fait éducatif sont holistique, systémique, réticulaire et universel. Car les choses apprises, ici et là, par le biais des ministères concernées, se répandent réellement dans le tissu social via les familles, les échanges et les réseaux sociaux, les communications verbales, les usages sociaux des savoirs scolaires et extrascolaires.


L’École, au sens de la chose académique, dépasse donc dans ses visées et ses praxis le simple champ des apprentissages scolaires car elle permet de concrétiser une façon d’être et de vivre qui transforme les sujets, les acteurs sociaux, les comportements, les manières d’être, en activités productrices de sens et d’actions ayant toujours des impacts dans le tissu économique le plus immédiat. Ainsi, la scolarisation des jeunes filles, des adolescentes, au Niger, par le biais des établissements séparés et non mixtes, d’internats pensés comme des incubateurs de subjectivités sociales, axiologiques, psychosociales, familiales, cognitives, ont des effets de subjectivation, de transformation de soi, des jeunes filles et des adolescentes de telle sorte que les femmes en devenir qu’elles sont de fait se poseront autrement la question de la maîtrise de leur corps, de leur devenir mère, de leur couple et de leur famille nucléaire, grâce au temps social de réflexion et de réflexivité que permet l’internat, en les coupant des tâches domestiques aliénantes et inhibantes en matière de logique d’apprentissage et de développement de soi, pour les rendre disponibles, libres, d’apprendre et de réfléchir critiquement et de façon citoyenne à leur destin qu’elles doivent transformer en histoire existentielle et en vérité historique, à partir de l’instruction et de l’éducation qu’elles auront reçues dans les internats. L’obscurantisme est toujours un agent négatif de retard dans les émancipations pratiques et d’aliénation fondamentale. Dans ce même esprit, il est urgent que les enseignant- e-s du Niger, et leurs encadreurs, formateur-e-s, se posent des questions en termes de méthodes actives, de travail en équipe, de partage des connaissances, de techniques innovantes en matière pédagogique. En ce sens, les questions et les thématiques portant sur les évaluations différenciées, les connaissances et les pratiques des outils numériques, les mises en situation des référentiels des compétences et les applications diverses des acquisitions en matière de capacitation technique, didactique et disciplinaire, doivent faire l’objet de for- mations innovantes et d’ateliers in situ dans les écoles d’application, les lieux de stage professionnalisant, les ateliers renouvelés de formation pédagogique. Les sciences de l’éducation du siècle précédent doivent être revues à l’aune des progrès scientifiques, des usages des technologies de l’information et de la communication, des plateformes éducatives (style MOOC) et des neuropédagogies. Le débat a été amorcé ici et là à propos de l’intelligence artificielle et de Chat GPT, et notamment, par les chercheurs du MIT aux USA et par les penseurs de l’innovation pédagogique en Afrique et en Europe.

‘’ Le Niger a la chance d’avoir un président visionnaire, ambitieux, réaliste sur les moyens et les fins de son ambition, et très lucide sur L’intelligence pédagogique
à mettre en place dans Les écoles du territoire nigérien’’

Le Niger a la chance d’avoir un Président visionnaire, ambitieux, réaliste sur les moyens et les fins de son ambition, et très lucide sur l’intelligence pédagogique à mettre en place dans les écoles du territoire nigérien, vaste et rude, austère et ingrat, en termes de géographie et de climat. Ce n’est pas lui qui objectera le manque de moyens (on l’a toujours vu très vite réagir sur les questions de formations et de recrutements qualifiés des enseignant-e-s) ou la lenteur nécessaire à la construction des peuples et de leur histoire ; en ce domaine, une philosophie politique ne doit pas faire l’impasse sur la vision réaliste et principielle des logiques éducatives à mettre en œuvre au plus tôt. Par exemple, les questions concernant l’apprentissage des sciences et du langage, de la formation professionnelle et technique, des compétences à acquérir au niveau 1 et 2 du ministère de l’éducation nationale, ne sont pas des options qui doivent faire l’objet de spéculations infinies. Les bâtis scolaires doivent répondre à des impératifs matériels (sécurité, durabilité, confort, utilité didactique) et à des fins pédagogiques certaines: tous les élèves doivent pou- voir être vu-e-s et interrogé- e-s par les enseignant-e-s dans des conditions de travail décentes. Il ne s’agit pas de faire des cases à élèves comme on fabrique des cases à lapin : on ne doit pas prolétariser les enseignant-e- s et les élèves et oublier que le climat scolaire concerne aussi la qualité des infrastructures, des habitats (clarté de la classe, luminosité, aération diverse, etc.) matériels des élèves. Trop de constructions sont encore faites dans un sens quantitatif et non qualitatif : on n’apprend pas de la même façon dans une classe en paillote, en béton, en semi-dur, et construite, réalisée, selon un plan singulier prenant en compte les activités des élèves dans la classe. Les déplacements des maîtres et des élèves, les localisations et emplacements des murs pensés comme des supports didactiques d’apprentissages, les prises de courant permettant l’utilisation d’outils numériques, la place des aérations et des ouvertures à des fins de confort sanitaire et de bien-être matériel, les évacuations d’eaux usagées, les latrines discrètes et pratiques, etc., tout cela doit faire l’objet d’études et, surtout, de pro- positions architecturales, de constructions innovantes et surtout adaptées aux activités des élèves et à leur be- soin en terme physiologique et pédagogique.

La deuxième phase de la politique éducative ne doit pas être seulement la récitation des réalisations utiles en matière de bâtiments et de travaux publics, mais, également, d’indicateurs qualitatifs de réussite pour justement valider le choix matériel des bâtis (question du climat scolaire) et le choix institutionnel des constructions scolaires (égalité des chances et politique d’inclusion scolaire pour tous les enfants et adolescents du Niger). De plus, le fait de se doter de presse moderne et d’imprimerie adaptée aux besoins des politiques éducatives du Niger, souveraines dans le domaine éducatif et pédagogique, s’est concrétisée par une courageuse et nécessaire réforme du secteur de la publication des manuels d’éducation dans les différentes disciplines qui composent les programmes scolaires. Cette production nationale de la documentation didactique et pédagogique permettra un travail plus rigoureux, en termes d’évaluation et de suivi des apprentissages de la part des acteurs du champ, et l’amélioration en terme de pertinence des outils pédagogiques, tout autant qu’une maîtrise des coûts de production, de diffusion, et de redevances en termes de propriété industrielle et intellectuelle.


Il est important maintenant que les médias, la presse écrite, les réseaux sociaux, les acteurs numériques et du numérique, les classes moyennes, les intellectuels, les étudiant-e-s, les enseignant-e-s, portent égale- ment dans leurs discussions, leurs productions, leurs relations quotidiennes, les éléments concrets de la culture réelle des populations, qui font défaut dans les appareils et les institutions chargés de les promouvoir.


Il y a un temps pour les diatribes idéologiques, un temps pour les polémiques ad hominem, un temps pour édifier et construire, consolider et avancer, et un temps pour innover et s’individualiser dans ses actes politiques de façon à inscrire de manière durable et intelligente les avancées positives, incontestables et incontestées, du Président Mohamed Bazoum, et tout particulièrement, de faire apparaître les raisons de la pertinence de ses actions dans le champ de sa politique éducative.

‘’L’éducation est le grand chantier du xxième siècle pour l’afrique et pour le Niger en particulier’’

Je pense que l’éducation est le grand chantier du XXIème siècle pour l’Afrique et pour le Niger en particulier. Il s’agit de faire le pari de la civilisation de l’intelligence contre celui du nihilisme du calcul et du profit destructeur de collectifs divers et synergiques. Nous faisons le choix du refus de la résignation attentiste et nihiliste et nous pensons que le Niger, en tant que pays jeune à tous points de vue, avec son économie potentielle et ses visions d’horizon de paix et de construction humaine et matérielle, malgré les obstacles naturels et historiques qu’il a subis et qui oblitèrent encore en grande partie son essor, le Niger révèle par ses résiliences et ses progrès qu’il est un pays vecteur de civilisation, de libertés démocratiques et de valeurs humaines incontestables. Nous faisons donc le pari de l’éducation contre les forces de chaos et de destruction car, nous savons le prix de la vie vraie et de la liberté pour émanciper l’humain de sa part obscure et lui donner ainsi à vivre une autre vie que celle de la servitude et de la facile et mortifère résignation.


Interview Confidentiel Afrique / Mai-juin 2023



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